Le Konjunktiv II allemand : formes, würde et comment dire « je ferais » et « si j'avais »
Irréel, souhaits, politesse : radical du Präteritum + -e, Umlaut pour les verbes forts, sein, haben, werden, la plupart des modaux ; verbes faibles : würde.
Règle
Le Konjunktiv II est la forme de tout ce qui n'est pas (encore) réel : souhaits irréels, conditions irréelles, demandes polies, conseils et comparaisons hypothétiques avec als ob. Il couvre deux formes françaises : le conditionnel (« je ferais ») et l'imparfait après si (« si j'avais »). Là où le français dit « si + imparfait, conditionnel », l'allemand met le Konjunktiv II dans les deux propositions — Wenn ich Zeit hätte, würde ich …
Formation : radical du Präteritum (prétérit) + les terminaisons -e, -est, -e, -en, -et, -en. Les verbes forts, sein, haben, werden, quelques verbes irréguliers (brächte, dächte) et les verbes de modalité sauf wollen/sollen prennent un Umlaut sur a, o, u : ich kam → ich käme, ich konnte → ich könnte, ich hatte → ich hätte. Les verbes faibles restent identiques au Präteritum (ich kaufte), d'où würde + infinitif.
Dans l'usage, la forme en un mot se limite à un petit groupe : sein, haben, werden, les verbes de modalité et quelques verbes forts (käme, ginge, gäbe, wüsste, fände ; bräuchte est familier, la forme standard est brauchte). Pour les autres verbes, on emploie würde + infinitif : Ich würde sofort kündigen. Avec haben, sein et les verbes de modalité, la forme avec würde n'est pas fausse, mais rare : Wenn ich Zeit hätte est le choix normal, Wenn ich Zeit haben würde sonne lourd.
Sans wenn : le verbe conjugué passe en tête — Hätte ich Zeit, käme ich mit. (= Wenn ich Zeit hätte, würde ich mitkommen.)
Pour le passé, on emploie hätte / wäre + Partizip II (participe passé) — Ich hätte gefragt, Wir wären geblieben ; l'auxiliaire est celui du Perfekt (passé composé). Avec un verbe de modalité, on obtient un double infinitif : Ich hätte fragen können (« j'aurais pu demander »). Dans une subordonnée, le verbe conjugué se place devant ce double infinitif : …, dass ich hätte anrufen können.
À retenir : Wenn ich … hätte, würde ich …, Ich hätte gern … (« je voudrais »), Könnten Sie …? (« pourriez-vous… ? »), An deiner Stelle würde ich … (« à ta place, je… »).
Exemples
- Wenn ich mehr Zeit hätte, würde ich Spanisch lernen. — Si j'avais plus de temps, j'apprendrais l'espagnol.
- Hätte ich mehr Zeit, käme ich mit. — Si j'avais plus de temps, je viendrais aussi.
- Ich wäre jetzt gern am Meer. — J'aimerais être à la mer en ce moment.
- Könnten Sie mir bitte kurz helfen? — Pourriez-vous m'aider un instant, s'il vous plaît ?
- An deiner Stelle würde ich den Vertrag nicht unterschreiben. — À ta place, je ne signerais pas le contrat.
- Er tut so, als ob er nichts wüsste. — Il fait comme s'il ne savait rien.
- Ich hätte gern einen Kaffee und ein Wasser. — Je voudrais un café et une eau.
- Wenn wir früher losgefahren wären, hätten wir den Zug erreicht. — Si nous étions partis plus tôt, nous aurions eu le train.
- Schade, dass ich nicht hätte anrufen können. — Dommage que je n'aie pas pu appeler.
Tableau
| ich | du | er/sie/es | wir | ihr | sie/Sie | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| sein | wäre | wär(e)st | wäre | wären | wär(e)t | wären |
| haben | hätte | hättest | hätte | hätten | hättet | hätten |
| werden | würde | würdest | würde | würden | würdet | würden |
| können | könnte | könntest | könnte | könnten | könntet | könnten |
| müssen | müsste | müsstest | müsste | müssten | müsstet | müssten |
| dürfen | dürfte | dürftest | dürfte | dürften | dürftet | dürften |
| wollen* | wollte | wolltest | wollte | wollten | wolltet | wollten |
| sollen* | sollte | solltest | sollte | sollten | solltet | sollten |
| kommen | käme | kämest (kämst) | käme | kämen | kämet (kämt) | kämen |
* wollen et sollen n'ont pas d'Umlaut : leur Konjunktiv II est identique au Präteritum ; le contexte (ou une tournure avec würde) tranche.
Erreurs fréquentes
- ⚠️ Ich würde gestern gern gekommen sein. → ✅ Ich wäre gestern gern gekommen. — pas faux, mais rare et lourd ; la forme standard est hätte/wäre + Partizip II.
- ❌ Ich hätte gestern kommen gekonnt. → ✅ Ich hätte gestern kommen können. — au passé, le verbe de modalité forme un double infinitif, pas un Partizip II.
- ❌ …, dass ich anrufen können hätte. → ✅ …, dass ich hätte anrufen können. — avec un double infinitif, hätte se place devant les deux infinitifs, et non à la fin.
- ❌ Er tut so, als ob er krank ist. → ✅ Er tut so, als ob er krank wäre. — après als ob, le verbe va à la fin ; l'indicatif (ist) est familier, l'écrit standard emploie le Konjunktiv II (parfois le Konjunktiv I : sei).
- ❌ Wenn ich reich werde, würde ich viel reisen. → ✅ Wenn ich reich wäre, würde ich viel reisen. — une condition irréelle demande le Konjunktiv II dans les deux propositions (« si j'étais riche, je voyagerais »).
Questions fréquentes
Quand employer würde et quand la vraie forme du Konjunktiv II ?
La forme en un seul mot s'emploie pour sein, haben, werden, les verbes de modalité et quelques verbes forts courants (käme, ginge, gäbe, wüsste). Pour tous les autres verbes, l'allemand parlé utilise würde + infinitif.
Comment forme-t-on le Konjunktiv II ?
On prend le radical du Präteritum et on ajoute -e, -est, -e, -en, -et, -en. Les verbes forts, sein, haben, werden et les verbes de modalité sauf wollen et sollen prennent en plus l'Umlaut sur a, o, u : kam → käme, konnte → könnte. Les verbes faibles n'en prennent pas et emploient en pratique würde + infinitif.
Comment parler d'une situation irréelle dans le passé ?
La forme du passé est hätte ou wäre + Partizip II — Ich hätte angerufen, Wir wären früher gekommen. L'auxiliaire est celui que le verbe prend au Perfekt. Le français dit de même « si j'avais su, j'aurais appelé ».
Peut-on supprimer wenn dans une phrase conditionnelle ?
Oui : on met alors le verbe conjugué en tête — Hätte ich Zeit, käme ich mit. Le sens est le même que Wenn ich Zeit hätte, …, mais le style est plus soutenu.
Le Konjunktiv II sert-il à être poli ?
Oui : Könnten Sie …?, Würden Sie …?, Ich hätte gern … sont nettement plus aimables que la même phrase au présent, exactement comme « pourriez-vous » et « je voudrais » en français.

